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Gérard Apfeldorfer, médecin psychiatre et psychothérapeute considère que l’essentiel dans la relation de couple c’est plus l’équité que l’égalité. L’idéal est que chacun fasse sa part sans trop en faire : « il est juste que chacun fasse sa part, qu’il ne soit pas en dette vis-à-vis-de l’autre ».

Dans son ouvrage sur ‘Les relations durables’ (Odile Jacob 2004), il met le lecteur en garde contre les « idées fausses concernant les couples durables » comme par exemple :

« Un couple doit fonctionner selon les bases égalitaires, et les rôles doivent être interchangeables » ou encore : « Un couple solide nécessite qu’on ait rencontré l’âme sœur, et qu’on vive le Grand  Amour ».

On est très loin de l’image du couple Parfait avec des désirs réciproques, de la transparence l’un pour l’autre, d’un mode de communication sans trêve, de la tendresse, de la compréhension mutuelle et d’un soutien présent tout le temps !

Yvon Dallaire, Psychologue, Sexologue canadien explique que toute relation amoureuse évolue selon des étapes qui ont été très bien analysées par les psychologues : la passion, la lutte pour le pouvoir, le partage du pouvoir, l’engagement et l’ouverture sur autrui.

La passion

Pendant la séduction qui culmine dans la phase de la passion, première étape de la relation amoureuse, vous n’êtes pas encore certain que la relation est bien établie ; hommes et femmes se montrent alors sous leur plus beau jour afin de séduire et de conquérir l’autre. C’est pendant cette phase que les hommes sont les plus communicatifs et les plus attentifs : ils soignent leur image et sont intéressés par tout ce que vous dites ; ils n’ont d’yeux que pour vous et vous complimentent sans cesse. C’est pendant cette phase que la femme regarde et écoute l’homme avec la plus grande admiration : elle est toujours prête à se coller et à faire l’amour avec vous, aussi souvent que vous le désirez ; elle ne vous critique jamais et est prête à vous suivre dans tous vos projets.

En même temps, vous auréolez la personne convoitée : c’est votre âme sœur, votre prince, votre princesse et l’amour que vous éprouvez l’un pour l’autre surmontera toutes les épreuves. Vous passez vos nuits à bavarder et à faire et refaire l’amour. Vous ne pouvez plus vous passer l’un de l’autre : vous êtes éperdument amoureux, peut-être même pour la véritable première fois de votre vie. C’est la phase que l’on voudrait faire durer toujours.

Les biochimistes ont démontré que, pendant cette phase, le cerveau humain produisait une hormone appelée la phényléthylamine. C’est cette hormone qui serait responsable des états euphoriques que l’on vit lorsqu’on est en amour. Cette hormone aurait les mêmes effets que la cocaïne. Si la personne désirée vous quitte lors de cette période, c’est le manque, la peine d’amour. Si vous êtes un drogué de la phényléthylamine, c’est vous qui partirez lorsque vous sentirez que la passion diminue pour trouver ailleurs une nouvelle flamme qui restimulera la production de phényléthylamine. Vous irez de passion en passion, incapable de véritable engagement amoureux.

Par contre, si vous acceptez la baisse de la passion, votre cerveau remplacera la production d’hormones du plaisir. Vous vivrez alors des jours de bonheur tranquille : vous pourrez dormir en paix, en silence, dans les bras l’un de l’autre. Vous n’aurez jamais été aussi bien, aussi en harmonie de toute votre vie. Votre couple vous comblera.

Hélas, la passion… passe ! En fait, pendant la phase de passion, vous n’étiez pas réellement amoureux de l’autre personne ; vous étiez amoureux des sensations que l’idée que vous vous faisiez de l’autre personne provoquait dans votre corps et votre tête. Vous avez ignoré tous ses petits défauts ; vous n’avez vu et entendu que ce qui faisait votre affaire ; vous avez mis de côté tout ce qui pouvait émousser votre passion. Et vous vous êtes mariés ou, comme disent les espagnols, vous vous êtes « mis en maison » (casarse) ; vous avez commencé à cohabiter.

La lutte pour le pouvoir

Mais voilà que votre corps et votre tête se sont accoutumés aux effets de ces hormones du plaisir. Vous êtes toujours heureux, heureuse, mais l’intensité de votre bonheur s’est atténuée et vous revenez progressivement sur terre. Surprise, vous vous rendez compte que votre prince charmant se conduit parfois comme un crapaud, que votre princesse charmante sort de plus en plus régulièrement ses griffes et ses crocs. Vous prenez contact avec la personne réelle avec laquelle vous êtes en amour.

Vous entrez dans la deuxième phase de votre relation de couple : la lutte pour le pouvoir. L’anxiété et l’insécurité de la séduction et de la passion vous forçaient à vous montrer sous votre meilleur jour ; la sécurité de votre bonheur et la certitude que l’autre vous aime vous permettent de vous laisser aller et de vous montrer sous votre vrai jour. Vous ne faites plus semblant, vous êtes vous-mêmes et vous commencez à dire et même à exiger ce que vous attendez de votre relation de couple. Vous l’aviez déjà dit, mais l’autre vous admirait et il (elle) n’a pas réellement entendu ce que vous disiez. S’il est vrai que l’amour est aveugle, il rend aussi sourd.

C’est alors que vous vous rendez compte que l’autre ne partage pas tout à fait vos points de vue sur les loisirs, l’argent, le choix de la maison, la répartition des tâches ménagères, le nombre et l’éducation des enfants, les ami(e)s, la fréquence des rapports sexuels, le type et l’endroit de vos vacances, le choix des films… en fait, la façon d’aimer et de s’investir dans le couple.

Vous vous rendez compte qu’il met l’accent sur sa carrière, alors que vous voudriez qu’il s’occupe davantage de la famille. Vous vous rendez compte qu’elle veut bien faire l’amour, mais à sa manière. Vous êtes méticuleuse, il laisse tout traîner. Vous adorez les argumentations serrées, elle met de l’émotion partout. Vous aimez les grands rassemblements de famille, il préfère aller à la chasse ou à la pêche avec ses amis. Vous aimez lire votre journal le matin, elle a toujours quelque chose à vous reprocher. Vous aimez les téléromans ; il préfère les émissions sportives. Il projette une retraite dans le sud ; vous préfèreriez être près de vos petits-enfants. Ainsi de suite.

Cette lutte pour le pouvoir est inévitable et même nécessaire. C’est cette lutte qui permet de savoir à qui l’on a affaire et qui nous permet d’affirmer nos besoins et attentes face au couple. Cette lutte amène les deux partenaires à se situer l’un par rapport à l’autre. Malheureusement, la majorité des couples s’enlise dans cette lutte et s’engage dans des impasses :

« C’est toi qui as commencé ! » « Non, c’est toi ! »
« Si tu m’écoutais aussi quand je te parle. »
« Toi et ta maudite famille ! Vous êtes tous pareils. »
« Si t’arrêtais de critiquer pour faire changement. »
« Si tu ne remettais pas toujours tout à demain. »
« Si tu te ramassais, aussi. »
« Si tu faisais un homme (une femme) de toi. »
« Qu’est-ce j’ai fait au bon Dieu pour me retrouver avec toi? »
« On dirait que tu le fais exprès. »
« Je te l’avais bien dit. »
« Tu les (en parlant des enfants) laisses toujours en faire à leur tête. »
« Tu n’as qu’à t’en occuper un peu plus (des enfants). »
« Tu veux toujours avoir raison ».
« De toute façon, tu ne comprendras jamais rien ».
« Bon, c’est reparti ! »
« C’est ça, va-t-en ! »

Ces paroles vous sont familières. Ne vous en faites pas, vous êtes normaux. Nos deux amants intimes et passionnés deviennent, lors de cette phase, deux ennemis intimes. Tous les deux s’aiment et veulent continuer de s’aimer, mais les frictions sont de plus en plus nombreuses. Ces frictions sont dues aux différences existant entre les hommes et les femmes, aux différences existant entre cet homme particulier et cette femme particulière ; elles sont aussi dues à nos attentes frustrées face à la vie de couple et au paradoxe de la passion, i.e. la coexistence du besoin de fusion passionnelle et du besoin d’autonomie.

À ce stade, se joue l’avenir du couple. Plus de la moitié des couples divorceront et beaucoup répèteront la même dynamique avec un nouveau partenaire. Trente pour-cent 30 % des couples se résigneront, développeront une relation de couple déséquilibrée, se feront une guerre entrecoupée de périodes d’accalmies (sursaut de production de phényléthylamine) et rechercheront des compensations dans le travail, la famille ou ailleurs. À peine 20 % des couples réussiront à transformer cette lutte inévitable pour le pouvoir en partage du pouvoir, troisième étape de la vie de couple.

Le partage du pouvoir

Pour bien comprendre la dynamique du couple, comparons-le à une journée. Une journée est constituée d’un jour et d’une nuit dont la durée varie selon les saisons. Le jour est rempli de lumière et d’activités. La nuit est remplie d’obscurité et de repos. À l’aube et au crépuscule, le jour et la nuit se rencontrent. Ces deux périodes sont remplies d’harmonie et de paix : il ne fait ni jour, ni nuit ; il ne vente pas ; les oiseaux ne chantent plus ; le temps est comme suspendu. On le voit, le jour et la nuit se complètent pour former la journée, comme le Yin et le Yang le font pour constituer le Tao.

L’homme possède des facultés qui lui sont uniques et une façon bien à lui d’envisager la vie et le couple ; la femme possède des facultés qui lui sont uniques et une façon bien à elle d’envisager la vie et le couple. La femme peut remplir des fonctions (grossesse, enfantement et allaitement, séduction, préoccupations relationnelles, réceptivité, capacité de relation symbiotique) que l’homme ne peut remplir, ni même comprendre. L’homme possède des capacités (force physique, créativité matérielle, esprit de compétition, intrusivité, instinct de chasseur, besoin d’indépendance) que la femme ne peut égaler ni même comprendre. On ne peut demander à l’homme de remplir les fonctions féminines et vice-versa, tout comme on ne peut demander à la nuit de remplir les fonctions du jour et vice-versa. On ne peut demander aux deux que de se compléter pour former un tout. La femme ne peut demander à l’homme de vibrer symbiotiquement avec elle comme elle peut le faire avec son fœtus ; l’homme ne peut s’attendre à ce que sa femme « embarque » dans ses activités comme il peut le vivre avec ses amis ou associés. Ces deux attentes sont des illusions parmi tant d’autres.

Dans le partage du pouvoir, l’un et l’autre, après avoir pris connaissance des particularités individuelles de cet homme et de cette femme, acceptent d’utiliser ces particularités, différentes et parfois contradictoires, pour former leur couple. L’un et l’autre ne cherchent plus à transformer l’autre pour répondre à ses attentes propres ; l’un et l’autre n’accusent plus l’autre d’être le responsable de la frustration de ses illusions adolescentes face au couple. Les deux prennent conscience qu’ils sont amants et ennemis intimes (il y aura toujours des différends même dans les couples les plus heureux), mais les deux mettent dorénavant l’accent sur l’intimité et l’apport personnel, quoique différent, de chacun dans ce couple unique. Les deux exploitent les qualités de l’autre au profit du couple (et de la famille). Les deux partagent le pouvoir qu’ils transfèrent maintenant au couple, comprenant que seul le couple, et non pas l’autre, peut satisfaire les besoins de chacun.

L’engagement

L’un des principaux indices démontrant que le couple a partagé le pouvoir et qu’il est prêt à entrer dans la quatrième phase de son évolution, c’est qu’il lui est devenu maintenant plus facile de redire « Je t’aime ». Durant la lutte pour le pouvoir, « Je t’aime » était souvent étouffé par « Je te déteste ». Durant cette phase, dire « Je t’aime » équivalait à donner plus de pouvoir à l’autre. Le «Je t’aime» de la troisième phase n’a plus du tout la même signification que le « Je te mangerais » de la passion fusionnelle. Il signifie plutôt « Je m’engage »

« Je connais maintenant tes défauts et tes qualités, tes forces et tes faiblesses, et je les accepte, même si des fois… »
« Tu n’es plus la belle princesse charmante à laquelle j’avais rêvé, tu n’es plus le prince charmant et fort de mes rêveries, ton corps a même subi l’épreuve du temps, mais je suis si bien avec toi. »
« Je connais un peu mieux tes besoins et tes attentes face à Nous et je m’engage à tout faire pour les satisfaire; nous savons très bien que je n’y parviendrai pas, mais je sais que tu va apprécier mes efforts.»
« Je ne veux plus te changer, je t’accepte tel(le) que tu es. »
«Tu n’es pas le partenaire idéal, j’aurais pu vivre avec quelqu’un d’autre, mais je suis content(e) du chemin que Nous a parcouru et je veux continuer de vieillir avec ce Nous.»

Le « Je t’aime » de la quatrième phase signifie en fait « Je Nous aime ». Les deux amants sont devenus de réels complices. C’est à cette étape-ci que l’on devrait contracter mariage et non au moment de la passion aveuglante.

Ouverture sur autrui

Il est facile, au restaurant par exemple, de différencier les vieux couples qui s’aiment de ceux qui se sont fait la guerre et qui ne parviennent plus à communiquer. Les couples heureux se touchent, se regardent, se parlent ; leurs yeux sont pétillants ; ils sont animés. Ils respirent l’harmonie et la paix et deviennent, pour nous, des exemples que la vie à deux est possible. C’est ce que j’appelle l’ouverture sur autrui, la dernière étape de l’évolution du couple.

D’ailleurs, ces couples, souvent à la retraite, s’impliquent socialement, font du travail bénévole ou sont tout simplement toujours prêts à partager leur bonheur avec leurs enfants, leurs petits-enfants, leur entourage immédiat et lointain. Ils font preuve d’une très grande réceptivité, ayant été, malgré les épreuves inévitables de la vie, comblés par celle-ci. Ils deviennent des modèles à imiter et sont souvent des modèles enviés.

À l’inverse, il est facile aussi d’identifier, toujours au restaurant, les couples qui en sont encore à l’étape de la passion ou ceux qui n’ont jamais surmonté la lutte pour le pouvoir. Ces derniers échangent à peine quelques propos ; l’homme lit souvent un journal ou jette des regards tout autour ; la femme, tête baissée, regarde son mari par en-dessous, espérant qu’il s’intéresse à elle et lui en voulant de ne pas le faire. La tension entre les deux est évidente tout comme, pour les jeunes couples, la passion est évidente parce que rien n’existe autour d’eux.
Dans la réalité, ces étapes ne sont évidemment pas aussi tranchées ; elles s’imbriquent et se superposent. Mais elles illustrent bien les grandes étapes à travers lesquelles évoluent tous les couples.

Nous allons définir en quoi consiste la thérapie de couple à quel moment consulter mais également la durée et les résultats :

Qu’est-ce que la thérapie de couple ?

Comme son nom l’évoque de façon claire, il s’agit d’une thérapie (on devrait parler de psychothérapie ou de thérapie comportementale bien souvent) destinée aux couples. Le couple du XXIème siècle est différent de celui des temps anciens ou l’on se mariait par nécessité, parfois de force, et où le bien-être de chacun et du couple en lui-même n’était jamais évoqué clairement, voire tout simplement pas perçu. Les temps ont changé, la société et ses codes aussi.

De même qu’il existe une psychothérapie pour les individus en fonction de leurs problèmes personnels (confiance en soi, dépression, TOC, boulimie, anorexie, problèmes affectifs ou caractériels etc.), il existe une thérapie dédiée à une entité composée elle-même de deux individus : le couple. Par couple il faut entendre deux personnes ayant fait un choix de vie en commun et cela comprend donc les couples mariés ou non, vivant ensemble ou non, hétérosexuels ou homosexuels.

On comprend dès lors que la thérapie est particulière car elle va prendre en compte différents éléments : chaque individu formant le couple, avec son histoire, son passé, sa façon de penser et de réagir à son environnement, mais aussi le couple comme entité à part entière. Nous avons l’habitude de dire en thérapie conjugale que le couple c’est 1 + 1 = 3 (chaque individu à part entière + le couple formé).

La thérapie de couple est destinée à ceux qui voient leur couple « battre de l’aile » sans qu’une issue favorable ne se présente. Dès lors, le besoin de se faire aider peut amener à consulter. On ne dira jamais assez combien il est important de consulter au plus vite afin d’obtenir de meilleurs résultats et de façon plus rapide. Cette thérapie suit des méthodologies précises qui sont ensuite adaptées à chaque cas. Si les problèmes sont souvent récurrents chaque couple est unique et est lui-même composé d’individus uniques.

La thérapie conjugale peut prendre diverses formes en fonction de votre thérapeute, de sa façon de travailler, des méthodes qu’il emploie, de la durée des séances (en principe entre 30 mn et 1 heure), le style de la pièce où il vous reçoit etc. Certaines méthodes dîtes « brèves » imposent des séances rapprochées et un travail important de la part du couple tandis que d’autres thérapies plus longues se font sur la durée. Le thérapeute peut très bien commencer avec une forme de thérapie puis passer à une autre en cours de route. Si les grandes lignes sont les mêmes, chaque thérapeute apporte sa touche personnelle.
Bien entendu, il ne s’agit pas pour le thérapeute de recoller les morceaux afin d’obtenir un ensemble tenant en équilibre précaire. Le but du thérapeute est de faire en sorte que le couple reprenne vie, retrouve le bon chemin vers un avenir meilleur. Toutefois, il est évident que cela ne doit pas être un but unique. Il est parfois préférable, après avoir tout tenté, de trouver comment se séparer au mieux, de façon temporaire pour parfois mieux se rapprocher ensuite, ou de façon définitive mais de façon telle que chaque composante du couple en ressorte avec un maximum de bénéfice à titre individuel.

Le thérapeute n’est pas là pour vous faire la morale mais pourra parfois mettre le doigt « là où ça fait mal ». Il faudra toujours veiller à avoir à l’esprit que le thérapeute est là pour vous aider, même si parfois certaines choses sont dures à entendre ou à faire. A ce titre, le thérapeute va beaucoup vous écouter, un peu vous parler, vous poser de nombreuses questions (parfois les mêmes à quelques séances d’intervalle), prendre des notes pour son suivi et parfois vous donner des conseils voire des exercices à faire (rien de compliqué, mais bien souvent réapprendre à faire des choses que l’on a oubliées, par habitude ou parce que notre éducation ne nous y a pas habitué).

Comme on le voit, le thérapeute va donc avoir plusieurs rôles : comprendre d’où vient le problème, vous aider à mieux le comprendre vous-même, vous aider à gérer ce problème et lui trouver des solutions. Il va de soi que cela ne se fait pas en une séance ! Pour cela, le thérapeute conjugal va devoir vous écouter en couple, mais aussi parfois de façon individuelle. En effet, on ne parle pas à son thérapeute de la même façon quand on est seul et quand avec sa compagne ou son compagnon. De même, l’un ou l’autre membre du couple peut vouloir aborder un problème qu’il désire voir rester confidentiel mais qui permettra au thérapeute de couple de mieux comprendre la situation. Cependant, certains thérapeutes imposent la présence des deux partenaires ou au contraire acceptent de procéder à une thérapie de couple même si l’un des membres ne désire pas venir (en ce cas, le travail est effectué par un seul membre du couple). A ce jour, rien ne prouve qu’une méthode soit meilleure qu’une autre et tout dépend de la façon de travailler du thérapeute.

Il faut noter que le thérapeute, homme ou femme, ne juge pas. Il ne prend pas partie non plus, conscient que la souffrance existe forcément chez les deux partenaires (même si la proportion n’est pas forcément de 50/50). Même s’il lui arrive de mettre à un moment l’accent sur un des deux partenaires qui doit plus se remettre en question ou avec qui un travail complémentaire doit être effectué, le thérapeute partira toujours du principe qu’en thérapie de couple on soigne un ensemble. A part certains cas très précis (sadisme de la part d’un des partenaires par exemple), la « faute » de l’état actuel du couple incombe rarement uniquement à l’un des deux membres.

Enfin, si le thérapeute est bien entendu un élément important de la thérapie, une écoute et un guide (bien que souvent il veillera à ce que vous soyez votre propre guide), il va de soi que l’élément clef c’est VOUS ! Venir en thérapie de couple à reculons n’est pas la meilleure chose (c’est mieux que rien certes…). Vous devez vous impliquer, « en vouloir » ! Cela demande de s’ouvrir, d’accepter de baisser l’armure, d’écouter (le thérapeute comme son partenaire) et de se dire qu’on est là parce qu’on a décidé de s’en sortir. A partir de là… tout est possible.

Quand consulter ?

Disons le de suite, la plupart des couples consultent quand les choses vont déjà très mal… Il aurait suffit de prendre le problème un peu plus tôt pour résoudre plus facilement et plus rapidement la situation. Mais vouloir se débrouiller par soi-même avant d’aller parler de ses problèmes de couple à un « étranger » est quelque chose de compréhensible. Nous sommes encore dans un domaine un peu tabou même si les choses évoluent positivement dans les mentalités.

Bien entendu, il va de soi qu’il faut consulter quand les choses vont très mal, que le mot « séparation » ou « divorce » est employé et que la vie à deux devient pénible alors qu’elle devrait être basée sur l’amour et la compréhension mutuelle. A ce degré il faut consulter sans tarder avant qu’il soit impossible de faire marche arrière.

Mais sans attendre cela, voici quelques raisons qui devraient vous pousser à consulter afin de régler les problèmes avant qu’ils ne prennent trop d’ampleur. Dîtes-vous bien que si vous redoutez d’en parler de peur de mettre de l’huile sur le feu (nombreux sont ceux qui pensent que parler de leurs problèmes va les faire ressurgir et qu’il vaut mieux tout étouffer) ces problèmes vont s’aggraver au point de générer des conflits importants.

Voici donc quelques cas « classiques » traités de façon régulière en thérapie conjugale :
• Séparation ou divorce envisagés
• Manque de confiance dans l’autre partenaire
• jalousie excessive
• Infidélité
• Absence de dialogue, incompréhensions
• Addictions diverses entraînant des problèmes conjugaux
• Troubles ou comportements sexuels
• Violences verbales ou physiques dans le couple
• Frustrations au sein du couple
• …
Certains problèmes sont récurrents. Le manque de dialogue, le fait d’avoir le sentiment de ne plus être compris par l’autre ou que chacun vit sa vie de son côté sont des situations que nous constatons souvent lors des séances. Le thérapeute sera à même de renouer le dialogue et vous apprendre à mieux écouter l’autre et mieux exprimer vos attentes.
(©2011-13 therapie-de-couple.pro – RFTC)

Quels résultats peut-on attendre d’une thérapie de couple ?
A cette question on pourrait vous répondre : Quelle volonté avez-vous d’y arriver ?

Certes, ce n’est pas la réponse que vous attendez… Pourtant les faits sont là : ceux qui ont la volonté de s’en sortir ont plus de réussite et plus rapidement que les autres. Encore faut-il que les deux partenaires aient la même envie (ce qui est loin d’être toujours le cas).

Le but ultime du thérapeute conjugal est de faire en sorte que votre couple règle ses conflits au mieux et regarde vers l’avenir d’une façon apaisée, sereine et confiante, comme le ferai un couple sans problème. C’est en principe aussi votre but. Mais vous pouvez aussi venir consulter parce que vous pensez vous séparer mais voulez être surs de faire le bon choix. Le thérapeute n’est pas là pour vous forcer à rester ensemble ! On a l’habitude de dire qu’il vaut mieux une bonne séparation que rester pour de mauvaises raisons et être malheureux. Dans le dernier cas, le thérapeute fera en sorte que vous vous posiez les bonnes questions afin de prendre votre décision de façon sereine.

Certaines personnes viennent en séance de thérapie conjugale en pensant que le thérapeute va leur donner une solution, un « ordonnance pour couple » qui va résoudre leur(s) problème(s). Il faudrait être télépathe, voyant et surtout magicien doté d’une belle baguette magique pour faire cela…

Le but du thérapeute est de vous poser les bonnes questions sur vous-même, votre partenaire et votre couple. D’apporter des amorces de solutions (à travers des exercices pratiques, des façons de faire, des remises en cause etc.). Cela demande du temps et des prises de conscience. Ce dernier point est très important. Si vous venez en thérapie de couple parce que « l’autre à des problèmes qui posent soucis au couple » vous fermez déjà une porte. Restez ouverts… Exposez les problèmes mais remettez-vous aussi en cause. Si chacun s’occupe déjà de voir en soi ce qui ne va pas, si chacun fait sa part de travail sans toujours regarder si l’autre fait la sienne, alors vous êtes vraiment sur le bon chemin.

Si vous vous investissez, si votre partenaire s’investit également, il y a de fortes chances pour que la thérapie débouche sur une nouvelle vie pour votre couple, une nouvelle façon de voir la vie et un chemin dégagé devant vous.

Il n’y a jamais de cause perdue. Il y a juste des freins, des ressentiments, des incompréhensions, des manques de dialogue (ou de mauvaises façons de dialoguer), des refus de passer à autre chose qui bloquent la situation. N’oubliez jamais que si votre partenaire s’investit et ne vous voit pas aller dans le même sens, il arrivera qu’un jour il cesse de faire des efforts.

Et oui, le mot est lâché : effort ! Il vous faudra en faire au début. On ne se transforme pas en 5mn en se disant « bon désormais je vais être plus à l’écoute de l’autre ». Cela demande un effort au début, cela demande de réapprendre (sinon apprendre) de nouvelles façons de faire, de penser. Mais cet effort est passager et fait ensuite partie intégrante de votre façon d’être.

Vous êtes prêts tous les deux à faire un petit effort ? A vous remettre en question l’un et l’autre ? A accepter que parfois on mette le doigt où ça fait mal mais de façon contrôlée ? Bref, de tout mettre dans une dernière bataille pour sauver votre couple et retrouver enfin une vraie joie de vivre à deux et une complicité ? Alors serrez les poings et foncez… les résultats seront forcément au bout ! Vous le faîte pour votre couple, pour votre partenaire mais aussi pour vous…

D’autres sont partis de très loin et sont heureux ensemble aujourd’hui. Pourquoi pas vous ?

Quelle est la durée d’une thérapie de couple ?

Disons-le tout de suite : il n’existe pas de règle absolue.

Selon les cas et les méthodes employées, la thérapie peut s’étaler sur un temps plus ou moins long. Comme leur nom l’indique, les thérapies brèves seront plus courtes sur la durée que des thérapies analytiques. Mais ne vous leurrez pas, la brièveté est toute relative et est compensée bien souvent par un rythme plus soutenu.

Si certains (très rares) couples prennent conscience des problèmes et de leurs solutions et les mettent en œuvre de façon constructive au bout de 2 ou 3 séances, il est fréquent de voir des thérapies de couple se poursuivre sur plusieurs mois. Bien entendu, la fréquence sera souvent espacée au fur et à mesure du déroulement de la thérapie.

Il faut aussi comprendre qu’un cas n’est pas l’autre. Ainsi, un couple en conflit larvé depuis des années, avec de gros ressentiments réciproques, des conjoints cherchant plus à s’occuper des efforts que l’autre produit que des siens propres et une situation familiale et sociale jouant défavorablement, va mettre plus de temps à régler ses problèmes qu’un couple ouvert, ayant de petits problèmes depuis très peu de temps. Quels que soit le thérapeute et la méthode choisie, ces deux couples ne vont pas avoir droit à une thérapie de même durée ou de même fréquence.

A ce sujet, la fréquence de la thérapie est variable. En général, le thérapeute vous demandera de venir au début au moins une fois par semaine voire deux fois. Ensuite, le rythme passera à 1 fois par semaine, puis tous les 15 jours et enfin tous les mois avant de vous laisser prendre votre envol. Toutefois, il convient de prendre aussi en compte les possibilités du couple sur le plan financier (car cela à un coût certain) et de l’emploi du temps de chacun. Mais une thérapie de couple menée au rythme d’un rendez-vous tous les mois au début sur la demande des patients prend déjà un bien mauvais départ.

Comme toute chose, la psychothérapie et le coaching conjugal évoluent. Ainsi, alors que pendant des années la thérapie de couple était axée sur des méthodes principalement analytiques, les thérapies brèves sont souvent désormais proposées en priorité. Et cela non sans raison.

En effet, il est apparu que les thérapies analytiques (recherche des causes des problèmes parfois de façon profonde ou lointaines dans le passé pour mieux en guérir les conséquences fâcheuses) pêchent dans le cas particulier de la thérapie conjugale par le fait que la situation est souvent déjà très grave et demande des solutions urgentes.

Les thérapies brèves sont donc apparues dans ce champ d’activité afin de répondre à cette urgence. C’est le cas de thérapies basées sur les Techniques Cognitives et Comportementales (TCC) qui dans ce cas précis ne vont pas chercher à connaître le pourquoi du comment mais à résoudre de façon rapide certains problèmes et faire prendre conscience de façon parfois forte du fait qu’il y a des choses à mettre absolument en place. Pour résumer : peu importe l’origine du mal, on veille déjà à le soigner rapidement et apporter au plus vite un soulagement.

Vous aurez bien compris qu’une méthode n’exclue pas l’autre… Bien souvent les TCC seront mises en œuvre mais le thérapeute qui perçoit un problème profond et important dans le couple ou chez l’un ou l’autre des partenaires, va basculer en partie sur l’analytique (ou toute autre méthode de fond) afin de prendre le mal à la racine. Cela peut se traduire alors par une thérapie individuelle d’un partenaire ou des deux afin de rechercher les raisons qui conduisent à un schéma de pensée ou d’action posant problème à titre individuel et dans le couple. Bien entendu, le thérapeute aura toujours en perspective une amélioration du couple puisque tel est le sujet.

L’envie de demander au thérapeute si « c’est bientôt la fin de la thérapie » est naturelle. Surtout dans les moments où on a l’impression que les choses avancent moins vite ou moins bien. Malheureusement, s’il est possible de répondre à cette question vers la fin de la thérapie, il est difficile de faire de même tant que des problèmes importants subsistent. Une partie de la réponse se trouve dans l’intensité du travail fourni par le couple et ses deux composantes. Mais vaut-il mieux une thérapie sur 6 mois qui donne un résultat ou venir à 3 séances puis tout arrêter car cela ne va pas assez vite et avoir investit votre temps, vos espoirs et votre argent dedans pour rien ?

Rappelez-vous que vous travaillez pour quelque chose qui en vaut la peine : votre couple ! Cela demande des efforts, un sacrifice financier (selon les pays vous aurez peut-être droit à un remboursement partiel des consultations mais au final cela vous coûtera de l’argent), devoir se déplacer, trouver du temps et surtout changer d’état d’esprit. Cela prendra parfois quelques semaines mais le plus souvent plusieurs mois. Mais le jeu en vaut la chandelle.